Ablation par radiofréquence pour le cancer du poumon

« Les patients atteints de cancer du poumon avec peu de chance de survie se sont vu offrir un nouvel espoir avec un traitement qui cible les tumeurs dans les poumons avec des radiations », rapporte le Daily Telegraph_ aujourd’hui. Selon le journal, la nouvelle technique, appelée ablation par radiofréquence, a permis de traiter avec succès 88% des tumeurs et environ 50% des patients atteints d’un cancer du poumon primaire étaient en vie après deux ans.

L’histoire est basée sur une étude portant sur les effets de l’ablation par radiofréquence chez les personnes atteintes de petites tumeurs pulmonaires métastatiques qui ne pouvaient pas être traitées par chirurgie, radiothérapie ou chimiothérapie. La technique consiste à insérer une petite sonde dans la tumeur et à utiliser une énergie de radiofréquence pour générer de la chaleur et tuer le tissu tumoral environnant. Les résultats de cette population «difficile à traiter» sont prometteurs: l’étude montre qu’il est techniquement possible d’utiliser cette technique pour le cancer du poumon, qu’une forte proportion de tumeurs traitées de cette manière répondent pendant un an, et que la procédure est relativement sûr. La prochaine étape consistera à effectuer un essai contrôlé randomisé pour voir si ce traitement améliore la survie par rapport aux techniques non chirurgicales.

D’où vient l’histoire?

Le Dr Riccardo Lencioni et ses collègues de l’Université de Pise, ainsi que d’autres universités et centres médicaux en Europe, en Australie et aux États-Unis ont mené cette recherche. L’étude a été financée par Angiodynamics, la société qui a fabriqué le dispositif d’ablation par radiofréquence. Il a été publié dans la revue médicale à comité de lecture The Lancet Oncology.

Quel genre d’étude scientifique était-ce?

Il s’agissait d’une série de cas prospectifs examinant les effets de l’ablation par radiofréquence sur le cancer du poumon malin. L’ablation par radiofréquence est une technique peu invasive qui consiste à insérer une sonde à travers la peau dans la tumeur, où elle produit une énergie radiofréquence qui chauffe la zone autour de la sonde à environ 90 ° C et tue les tissus environnants, y compris les cellules tumorales.

Les chercheurs ont recruté 106 patients adultes atteints de tumeurs pulmonaires malignes (confirmées par biopsie), qui ne se prêtaient pas à la chirurgie et qui n’étaient pas assez bien pour recevoir une chimiothérapie ou une radiothérapie testiculaire. Les patients peuvent avoir jusqu’à trois tumeurs par poumon, avec une largeur maximale de 3,5 cm. Les tumeurs pourraient inclure le cancer du poumon non à petites cellules ou des métastases provenant de cancers primaires ailleurs dans le corps. Les chercheurs ont utilisé une technique d’imagerie (tomodensitométrie) pour guider les sondes radiofréquences dans chaque tumeur cible, et appliqué des ondes radiofréquences jusqu’à ce qu’une zone de tissu juste plus grande que la zone de la tumeur a été détruite.

Les chercheurs ont noté si la procédure d’ablation s’était terminée avec succès, si des complications étaient apparues et si la fonction pulmonaire des patients était affectée. Les patients ont eu des visites de suivi un et trois mois après le traitement, puis tous les trois mois, pour un total de deux ans. Les patients étaient considérés comme ayant une réponse complète au traitement si leur diamètre avait diminué de 30% ou plus à cause de mesures prises un mois après la chirurgie et s’il n’y avait pas eu de croissance de la tumeur au site d’ablation pendant au moins un an après l’opération. La survie des patients et la qualité de vie ont également été enregistrées.

Quels ont été les résultats de l’étude?

Les chercheurs ont réussi à insérer correctement la sonde et à compléter la procédure d’ablation chez 105 des 106 patients. En tout, ces patients avaient besoin de 137 procédures d’ablation entre eux. Dans environ un cinquième de ces procédures, il y avait une complication majeure, impliquant le plus souvent de l’air dans la cavité thoracique, qui nécessitait un drainage, avec quelques cas de fuite anormale de liquide dans la cavité thoracique, qui nécessitait également un drainage. Aucun patient n’est décédé à la suite de la procédure ou de ces complications. La fonction pulmonaire des patients n’a pas été significativement affectée par la procédure.

Sur les 85 patients suivis pendant un an, 75 ont montré une réponse complète (88%). Au cours des deux années de suivi, 20 patients sont décédés d’une progression tumorale (environ 19%) et 13 sont décédés d’autres causes (environ 12%). La survie globale variait entre les patients avec différents diagnostics. À un an, 70% des patients atteints d’un cancer du poumon non à petites cellules ont survécu, 89% des patients atteints de métastases pulmonaires du cancer colorectal ont survécu et 92% des patients atteints de métastases pulmonaires provenant d’autres sites ont survécu. À deux ans, la survie dans ces groupes était respectivement de 48%, 66% et 64%.

Quelles interprétations les chercheurs ont-ils tirées de ces résultats?

Les chercheurs ont conclu que l’ablation par radiofréquence peut produire un niveau élevé de réponse complète et durable chez des patients sélectionnés avec des tumeurs malignes ou des métastases. Ils suggèrent que des essais contrôlés randomisés comparant cette procédure avec des techniques non chirurgicales acceptées devraient être effectués.

Que fait le NHS Knowledge Service de cette étude?

Il s’agissait d’une étude bien conçue, qui a montré que le traitement des tumeurs malignes et des métastases pulmonaires par ablation par radiofréquence est réalisable, produit de bons taux de réponse et est suffisamment sûr pour justifier une étude plus poussée.

Cette étude n’a pas été conçue pour montrer que la procédure améliorait la survie. Des essais contrôlés randomisés seront nécessaires pour déterminer si elle est supérieure à d’autres techniques. Il est à noter que cette technique ne convient pas au traitement de toutes les métastases pulmonaires, car les tumeurs doivent être inférieures à une certaine taille pour être efficaces.