Culturel | Humanitaire & Social | Developpement


> Dépêches d'Arménie
.
Aider Contact



    Voici un module Flickr utilisant des photos et des vidàos publiques de spfa france. .

Maman… je t’aime...

Après quelque temps de travail à l’internat de Vardachen, un soir je rentrais à la maison. Je traversais la rue lorsque j’ai vu un enfant qui se promenait négligemment et sans souci sur le trottoir.

Je suis resté un moment pétrifiée et après quelques secondes j’ai crié son prénom. Le petit garçon s’est arrêté. Oui ! Je ne me trompais pas : il était de l’internat de Vardachen. Avec les yeux coupables l’enfant s’est approché de moi. Il m’avait reconnue aussi. Comme il était déjà bien sombre dans la rue et froid, je me suis intéressée pourquoi est-ce qu’il s’y trouvait.

C’est avec une grande joie que l’enfant m’a raconté que sa maman avait décidé de le reprendre, et il devait continuer ses études à l’école secondaire. Il y avait du bonheur et de la joie dans les yeux de ce petit qui avait tant souffert dans sa vie et qui avait confronté autant de difficultés au cours da sa vie courte. L’enfant s’était enfin retrouvé. Il était heureux. Il allait peut être vivre dans des conditions moins satisfaisantes qu’avant, à l’internat, mais il était le plus heureux du monde. Il était avec sa maman et c’est le plus important. Il peut rester affamé, mais pas sans la chaleur maternelle. Pendant ces quelques ans de sa vie à l’internat, il gardait le désir secret d’être recueilli par sa maman. Il n’osait pas en parler aux autres ayant peur d’être mal compris, mais il espérait...

Oui, un enfant est revenu à la famille. Mais il y en a des milliers qui sont abandonnés, souffrants et peut-être sans espérance. On dit que l’espoir est pour les morts, mais c’est au contraire. C’est ce même espoir qui a fait vivre l’enfant. A l’internat l’enfant peut avoir tout : les habits, la nourriture …. Mais il est seul et malheureux. Il se sent perdu dans le gouffre d’où il ne peut être sorti qu’avec sa maman.

C’est vrai que mon histoire est un peu triste mais je l’ai voulu écrire avec joie. Parce que c’est une grande fête quand un enfant errant trouve le vrai chemin de la vie, comme le héros de cette histoire. Après l’adieu avec l’enfant j’éprouvais une certaine joie et tristesse à la fois. Deux sentiments contradictoires habitaient en moi. J’étais joyeuse parce que l’enfant n’était plus abandonné, mais aussi triste car j’avais peur pour l’enfant. Je priais pour que son bonheur ne soit jamais fini… je ne condamne pas les parents, pas du tout. Ils ne pouvaient même pas s’imaginer en mettant au monde cet enfant qu’ils pouvaient s’être séparés. Je regrette comme les enfants de même les parents. Ils souffrent aussi. Mais quand même pourquoi certains enfants vivent dans la richesse, entourés d’amour, tandis que les autres ne peuvent que rêver de cet amour et de l’affection…

Hélène Ohandjanian
Responsable des projets sociaux de SPFA à Erévan


Article du : 26 Apr 2007. Auteur : SPFA-Armenie

Article paru sur le site web © SPFA-Solidarité Protestante France-Arménie, 2008. Tous droits réservés.
Vous pouvez nous aider ? Voir ici.